VACATAIRE PRECAIRE DE L'UNIVERSITE ET DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR

A LIRE ABSOLUMENT
Vous pouvez lire un rapport très instructif sur les Personnels non permanents de l'Enseignement Supérieur sur le site des Doctorants précaires de Paris III http://membres.lycos.fr/colldocp3/
Docteur en sociologie depuis 2004;contractuelle vacataire à l'université de X depuis 1999, sauf deux années où j'ai été ATER (2003-2004 et 2004-2005); actuellement, j'ai un CDD à 60% sur un contrat de recherche, à côté de quoi j'assure en vacation depuis janvier un service équivalent temps plein MCF (CM-TD-suivis de stages, mémoires, réunions, implications pédagogiques diverses...) à l'IUT de Y. Je suis tenue de rester dans ma région pour des raisons familliales et ma situation précaire ne préoccupe personne à part moi et ma famille; l'université m'emploie à 110%, paie mes vacations deux fois par an et ne me laisse aucun espoir pour l'avenir...
J'ai l'impression d'être une minable, un bouche trou, je fais ce que je peux pour rester dans le circuit, mais je pense que psychologiquement je ne tiendrai plus longtemps comme ça. C'est très difficile financièrement, mais aussi moralement de voir des titulaires, qui ont le même diplôme que moi, mais qui sont simplement nés vingt ans plus tôt, me considérer comme une moins que rien et exiger de nous une perfection en matière de CV alors qu'ils sont loin d'atteindre ce qu'ils exigent pour nous que ce soit en matière de publications ou en d'enseignements. Cette situation est totalement absurde et je suis prête à être un relais à votre action à l'université de X car je pense qu'il est temps d'arrêter de trembler sous la menace implicite d'un renvoi au placard des sans emplois. (Ce qu'on nous fait bien entendre à demi mots)
Le collectif des vacataires précaires soutient le mouvement anti-LEC des étudiants, en s'engageant notamment dans les manifestations et en participant aux activités du comité d'action des personnels de Lyon II
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Je suis un vacataire parmi d'autre mais je ne me considère pas comme un nul. il me semble qu'il faut commencer par faire valoir notre droit et faire-valoir notre situation. Arrêtons de penser que nous sommes des "sous enseignants-chercheurs". Nous sommes des "enseignants-chercheurs" et ce qui nous différencie des autres, c'est le salaire et l'incertitude de voir nos cours nous être attribués l'année suivante. Personnellement cela fait plus de 5 ans que je suis dans cette situation, et un bon nombre de mes collègues finissent par oublier que je suis vacataires. J'ai envie de me battre, pour montrer que nous sommes indispensables aujourd'hui à l'université et même dans la recherche (CNRS). Combien d'heures d'enseignement sont assurés par des vacataires à l'université ? Que serait la recherche en France sans les thésards et les jeunes docteurs ? Mais je ne revendique pas un statut particulier, je revendique que l'on officialise notre valeur de travail, dans un premier temps par une revalorisation salariale (nous sommes trop bon marché), dans un second par des ouvertures massives de poste msf. Puisque nous faisons le boulot de mcf, pourquoi revendiquer autre chose ?
Pour finir, je vois un lien entre le mouvement contre le CPE et nos revendications. Un grande difficulté de la part d'une partie de notre société, notamment de ceux qui sont "établis" socialement et professionnellement à penser leur propre renouvellement par d'autres générations.
A l'heure où nous nous entendons tous les jours le gouvernement dire qu'il met l'education et l'égalité des chances en priorité dans sa politique , Je vous écris cette présente à fin d'attirer votre attention sur la situation des non-titulaires de l'éducation nationale (20000 en France).
Il existe dans l'éducation nationale un contrat encore plus précaire que le CPE c'est le CDD reconductible à l'infinie grâce auquel les rectorats peuvent (en tant que prof),nous embaucher nous débaucher selon leur désir et en complète opposition avec le droit du travail français .Dans les faits , la période d'essaie peut durer une vie .Pour ma part j'ai fait 3 vacations de 200h chacune (c'est le maximum légal dans une année) .Ensuite j'ai enchaîné 5 contrats de 1 an chacun (CDDs). D'aprés l'education nationale je ne peux pas etre titulaire car je n'ai pas le CAPES .Ce concours ne valide pas un enseignement sur le metier de prof et n'ai pas superieur à bac+3 .Donc pour ces bureaucrates de l'EN l'experience n'a aucun interet.Ils vous diront que je n'ai qu'a passer le concours. Pour cela il faudrait une formation et surtout que le concours soit ouvert ; dans ma discipline (éducation musicale) le concours interne (concours réservé aux non-titulaires exerçant depuis 3 ans) est fermé depuis 2 ans alors que l'externe (pour les universitaires sans expérience) est ouvert .Je tiens à signaler que d'autres disciplines sont dans le même cas.
J'accuse les rectorats et l'éducation nationale de non respect des droit de l'homme ,car le droit du travail en est un.
Les raisons:
- signature des contrats au delà du délai légal de 2 jours ( contrats antidatés)
- payement des heures de vacation irrégulier et ne correspondant pas au heures effectuées dans le mois
- non payement du chômage dans les délais légaux (+ de 2 mois ,bien plus!)
- aucune indemnité de licenciement
- nombre de CDD hors la loi
- aucun courrier de licenciement
- Non respect du droit à la formation (académie de Nice)
- non respect des barèmes de recrutement (Nice)
En conclusion , lorsque je vois ça j' ai un gros doute sur l'honnêteté intellectuelle de nos dirigeants et de nos syndicats (inexistant dans la défense des non-titulaires de l'éducation voir collaborateur car ils participent au non respect des barèmes de recrutement à fin de placer leurs adhérents .
Remarque: tous les contrats sont des CDD, comme quoi l'état ne respecte pas les règles qu'il impose aux entreprises privées.
De plus, dans l'académie de Nice nous sommes restés plusieurs années sans inspecteur d'académie (éducation musicale) et lorsque enfin on en désigne un ,celui-ci prend comme première directive de ne pas faire de formation pour la préparation du concours réservé sachant que ce même concours ne sera pas reconduit l'année d'après ainsi que le concours interne. N'ayant pas respecté le droit de formation ,qui l'on retrouve comme jury au concours réservé 2005 ?Ce même IPR que l'on va payer à la journée. Ceci est un bon exemple de malhonnêteté intellectuelle.
Il faut savoir que le rectorat de Nice ne se soucie pas de l'avenir des enfants; durant au moins 3 ans les élèves de Roquebilliere sont restés sans cours de musique et de dessin .De plus ,dans l'arrière pays niçois ,les différents IPRs de musique ne sont jamais venus dans la période Septembre 1999-juin 2005, sachant que sur le poste il y avait un contractuel qui aurait sans doute voulu être conseillé .C'était trop loin pour eux ,alors que certains profs montaient tous les jours (50km de montagne+ travaux sur la route).
De toute manière , le mérite importe peu pour ces gens là. Exemple , un prof de musique est absent pendant plus de 3 ans. Il habite à moins de 10 km du collège et ne peut ( d'après ses dires) assurer sa fonction .Par contre son problème de santé ne le gène pas pour faire des centaines de km avec sa chorale d'adultes pour ce produire au rectorat par exemple .Et bien ce prof on le retrouve à l'heure actuelle dans l'équipe pédagogique de l'IPR d'éducation musicale de l'académie de Nice. Donc le mérite n'est pas un critère de sélection pour ces gens là ,ils préfèrent le copinage .
Nous ,20000 precaires de l'EN nous n'avons pas la possibilité d'attaquer nos patrons comme dans le privé.Tout ceci provoquera des drames comme la prise en otage ,dans une école, des élèves par un prof contractuel qui a pété les plombs.Ce n'etait sans doute pas la seule raison de son geste mais lorsque chaque fin d'année(aout) on ne sait pas si l'on aura du travail aprés les vacances(on le sait 2 jours aprés la rentrée),et que l'on ne peut pas prendre de credit ,et bien ! on ne se marie pas , on ne s'installe pas , on ne peut pas assumer des enfants( donc en avoir);En résumé on ne peut pas avoir de vie et il suffit de pas grand chose pour craquer. J'espere seulement que la prochaine fois le désèspéré s'en prendra aux fonctionnaires des rectorats et à notre ministre de l'education,qui sont de veritables negriers avec les non-titulaires (inspecteur d'academie) .
Cela fait des années que pour faire des économies, les différents gouvernements diminuent le nombre de professeurs.Pour information , je gagnais 1200 euros par mois.Si leur but était vraiment de mieux gérer le budget de l'éducation , ils regarderaient de plus prés les fortunes qui sont dépensées dans les IUFM où beaucoup de pêrsonnes sont payées à remuer du vent car les formations qu'ils proposent sont de plus en plus déconnectées des situations rencontées sur le terrain.Il faut savoir que la responsable de ces centres de formation a dit à la télè que les IUFM ne servaient pas à apprendre aux enseignants des methodes pédagogiques ;aussi on est en droit de se poser la question : à quoi servent ces gens et pourquoi les paye-t-on? La grande majorité de ces formateurs sont des personnes qui ne veulent pas avoir à faire à des élèves , cela les obligerait à se remettre en question et à travailler.
La deuxieme source de dépense que l'on pourrait réduire c'est celle allouée aux inspecteurs d'academies.Il y en a pour chaque matière et chacun d'eux a un nombre important de personnel sous ses ordres.Il ne faut surtout pas croire qu'ils font tout ; ils dechargent une partie de leur travail sur d'anciens profs qui , comme les formateurs d'IUFM, ne veulent plus avoir à faire aux élèves, il faudrait qu'ils corrigent des copies ,qu'ils préparent des cours, qu'ils remplissent des bulletains de trimestre,qu'ils assistent aux conseils de classe et surtout ,ils seraient obligés de fréquenter les parents d'élèves.
Tout ceci n'est qu'un état de fait , il n' y a aucune exagération et si l'on vous dit le contraire ce n'est que de l'hypocrisie doublée d'un mensonge.
auteur: un prof non-titulaire depuis 1999.